FAIRE DE LA RECHERCHE DANS UN MONDE FINI

GROUPE DE TRAVAIL

 

A l’initiative de chercheurs du Laboratoire Jean Perrin (LJP) et du Laboratoire de physique théorique de la matière condensée, un groupe de réflexion « Faire de la recherche dans un monde fini » s’est formé en novembre 2019.

Depuis quelque temps, nous nous interrogeons sur les contraintes que les limites des ressources imposent sur nos sociétés. Energie, matière, « services » environnementaux, ces grandeurs sont soumises à des limites, soit en termes de flux soit en termes de stock. Face à ces problèmes terriblement complexes, à la fois au niveau scientifique que politique, nous avons souhaité créer un groupe de travail pour apprendre, réfléchir et échanger des idées sur ce sujet. Nous avons appelé ce groupe « Faire de la recherche dans un Monde fini » et il a, à ce stade, deux modestes objectifs:

  • Mettre en place un club de lecture et discussion mensuel pour apprendre à décrire ce monde complexe aux ressources finies.
  • Réaliser un bilan carbone de nos laboratoires.

Séminaires du groupe

 

  • Séminaire 4, lundi 25 janvier 2021 à 16h, en visioconférence. Pour recevoir le lien, écrivez-nous.

    Une lecture critique d’Abondance et liberté, de Pierre Charbonnier

    par André Estevez-Torres, CNRS, Sorbonne Université et Ecopolien.

    L’ouvrage Abondance et liberté, de Pierre Charbonnier, a fait couler de l’encre depuis sa publication début 2020 (1). Et pour cause, car il propose de revisiter l’histoire des idées politiques occidentales depuis deux siècles sous l’angle environnemental. Je donnerai ici un point de vue de non-spécialiste sur cet ouvrage riche, dense et parfois obscur mais qui a le mérite de nous aider à penser deux questions cruciales : pourquoi le pacte libéral qui noue croissance et démocratie a eu tellement de succès ? En quoi est-t-il dépendant de prélèvements irréversibles sur la nature? Je résumerai les trois phases historiques distinguées par l’auteur pour décrire l’enchevêtrement entre les deux concepts qui guident son ouvrage. D’abord, l’âge pré-industriel qui voit naître la théorie libérale avec Adam Smith. Ensuite, la révolution industrielle où le pacte libéral s’adapte aux nouvelles énergies fossiles et où naît également le socialisme comme réponse au choc induit par ces énergies. La grande accélération, enfin, qui débute après la 2ème guerre avec, notamment, le paradigme des limites et la bioéconomie. La question qui traverse l’ouvrage est : pourra-t-on maintenir une certaine liberté en absence d’abondance matérielle ? L’auteur n’y répond pas, mais nous aide à la poser dans des termes stimulants, notamment en revenant sur la naissance de la pensée technocratique, l’importance du socialisme comme amortisseur social suite à la révolution industrielle et l’interprétation que Polanyi donne de la Grande Transformation opérée dans le monde pendant les années 1930.

    Le séminaire sera suivi d’un débat.

    (1) Plusieurs recensions de l’ouvrage :
    https://blogs.mediapart.fr/bouillaud/blog/220420/abondance-et-liberte-ou-l-exceptionnalite-du-moment-anthropocene
    https://www.revue-etudes.com/article/abondance-et-liberte-de-pierre-charbonnier-22503
    https://esprit.presse.fr/actualite-des-livres/bernard-perret/abondance-et-liberte-de-pierre-charbonnier-42990
    https://journals.openedition.org/lectures/41367
    https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-26-hiver-2020-2021/dossier-vers-la-fin-de-la-separation-societe-nature/article/les-pieds-sur-terre-lire-abondance-et-liberte-de-pierre-charbonnier
    https://www.terrestres.org/2020/11/02/reecrire-lhistoire-neutraliser-lecologie-politique/

 

  • Séminaire 3, jeudi 5 novembre 2020 à 16h

Jeudi 5 novembre 2020

Allons-nous continuer la recherche scientifique ?

Pour limiter les risques sanitaires il aura lieu en extérieur, à couvert de la pluie, avec un micro. Apportez vos vêtements les plus chauds et une tasse/écocup pour les boissons chaudes.

Quand : jeudi 5/11 à 16h
: Dalle Jussieu, campus Pierre et Marie Curie de Sorbonne U. En extérieur, sur l’escalier monumental patio 25-14, à côté du Musée des minéraux.
Quoi : Allons-nous continuer la recherche scientifique ?
Qui : Nicolas et Etienne, doctorants à Sorbonne Université et à Université Paris Saclay, respectivement

RESUME
Dans les années 1970 a émergé un important courant de critique des sciences porté par les scientifiques elleux-mêmes, tant sur la vie dans les laboratoires (Impasciences, Labo-contestation), que sur les conséquences sociales et écologiques de la recherche (Survivre et Vivre).
En 2020, dans un contexte de crises sociale et écologique exacerbées, les problématiques qu’iels soulèvent sont plus que jamais d’actualité. Pourtant rien n’a réellement changé et l’héritage de ces critiques semble s’être en partie perdu.

Que pouvons-nous tirer de leurs expériences ? Comment prendre parti aujourd’hui en temps que scientifique ?
Un petit groupe de thésard-es/postdocs/ingénieur-es directement touché-es par ces questions veut les aborder d’un point de vue pratique pour dégager des perspectives concrètes. L’objectif de la discussion est de présenter nos positions actuelles et leurs relations avec celles de nos prédécesseur-es.

Ce séminaire débat est co-organisé par le groupe « Faire de la recherche dans un monde fini », associé à l’ITE, et par l’Atelier d’écologie politique francilien (Ecopolien).

Vous pouvez vous abonner à la liste de diffusion du groupe en cliquant ici.

 

  • Séminaire 2, 15 janvier 2020

Séance animée par Jean-Noël Fuchs, du LPTMC

Lors de la précédente séance, André Estevez-Torres a évoqué deux crises liées mais distinctes qui sont celle de la limite des ressources en énergie et celle du réchauffement climatique. En s’inspirant de la bande dessinée d’Assa Auerbach et Richard Codor (L’entropie fatale, CNRS édition, 2019), Jean-Noël Fuchs défendra l’idée d’une crise de l’entropie plutôt que de l’énergie et développera ensuite l’idée d’énergie utile versus inutile.

Pour vous inscrire, cliquez ici

 

  • Séminaire 1, 21 novembre 2019

André Estevez-Torres a animé une discussion sur le thème : Les ressources énergétiques sont-elles finies ?

Résumé
André a résumé les stocks et les flux énergétiques d’origine humaine en France et dans le monde. Il a montré comment ces flux ont évolué depuis le début de l’ère industrielle, quels sont leurs usages dans la société, et quels sont leurs impacts sur les émissions de CO2. Vue l’importance du pétrole dans notre société (95% des transports), il a questionné la notion de pic du pétrole et donné un ordre de grandeur sur les flux énergétiques possibles avec les énergies renouvelables.

Bibliographie
J-M Jancovici, Cours à l’Ecole des Mines 2019
B. Dessus, Déchiffrer l’énergie, Belin, 2014.
JM Jancovici, Dormez tranquilles jusqu’en 2100, Odile Jacob, 2015.
AIE world energy outlook 2018
BP Statistical Review of World Energy 2019

Si vous souhaitez vous joindre à nous, vous êtes largement bienvenus.

Jean-Noël Fuchs (LPTMC)
Guillaume Sarfati (LJP)
André Estevez-Torres (LJP)