L’Institut de la transition environnementale de Sorbonne Universités a retenu la création d’un Groupe de réflexion sur la ville de demain. Né le 13 novembre 2017, le GUÉ réunit une trentaine de chercheurs académiques (universités, Grandes écoles, Agrocampus…) et de professionnels (architectes, paysagistes, urbanistes, écologues…) dans l’objectif de réfléchir à de nouvelles formes urbaines résilientes et vertueuses. Nous interrogeons un urbanisme de projet d’abord à une échelle intermédiaire (le quartier) en tentant de concilier les divers objectifs géographiques, écologiques, environnementaux, sociologiques, sanitaires, économiques.

Urbanisme écologique ?

Un urbanisme écologique est un urbanisme durable et résilient (dans le sens d’un retour possible à une fonctionnalité et non à un état antérieur). Il repose fondamentalement les rapports à l’environnement et à la nature et aussi aux notions de bien-être, de qualité environnementale et d’équité. Aujourd’hui il peut aller plus loin en se souciant du vivant pour lui-même et en affirmant que la biodiversité peut être structurante dans l’acte de conception et d’aménagement urbain. La notion de durabilité liée à l’anthropocentrisme doit être dépassée, la conception devenant alors pluridisciplinaire et adaptative. La ville multifonctionnelle, neutre en carbone, inventant une nouvelle démocratie et une nouvelle économie, fait déjà partie des vœux exprimés par certaines métropoles mais les formes d’urbanisation sont encore à réinterroger.

 

Promenade plantée à Paris.
Photo Philippe Clergeau

Éléments de contexte

Une transition économique, écologique et sociale pour une ville durable impose un renversement complet des paradigmes urbanistiques et des modes d’habiter, notamment en mettant en premier plan des « solutions fondées sur la nature » mais aussi des nouvelles conceptions et pratiques de l’espace urbain. Réinventer la ville et l’organisation des constructions dans ce sens impose une formalisation méthodologique, même si chaque projet de territoire est bien un cas à part entière.

Les premières réflexions sur les stratégies à mettre en œuvre (modélisation des mobilités, croisements des diagnostics disciplinaires, inventions architecturales, bilans énergétiques fins, organisation des tissus urbains…) aboutissent rapidement à la nécessité de co-constructions entre acteurs, sciences humaines et sociales, sciences de la vie, sciences de l’ingénieur et sciences du design. Le type de recherche nécessaire ne peut être limité à une réflexion académique et doit pouvoir déboucher sur une opérationnalité (tant pour les formations d’urbanistes, d’architectes et de paysagistes que pour les conduites de projets). D’où le besoin d’études de cas pour tester l’organisation des phases du projet urbain écologique, la faisabilité de gestion adaptative en urbanisme, l’adoption de méthodes collaboratives permettant d’impliquer les forces vives d’un territoire, la capacité à proposer de nouvelles formes urbaines adaptées aux incertitudes, de nouveaux paysages et de nouvelles biodiversités.

Le GUÉ souhaite s’atteler à ce travail complexe de réflexion à travers une progression méthodologique et un choix de cas avant d’intégrer les jeux d’échelles et les dynamiques spatiales et temporelles des différents flux.

Pour en savoir plus
Philippe Clergeau
philippe.clergeau@mnhn.fr

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