27 Nov 2017

L’effet de la température sur les colonies de fourmis

Chez les insectes sociaux tels que les fourmis, les ouvrières présentent souvent une diversité de taille bien spécifique. Cette diversité influe sur le fonctionnement et la productivité des colonies, en lien avec la collecte de nourriture, la défense et le soin aux larves. L’équipe de Mathieu Molet, à l’Institut d’écologie et des sciences de l’environnement de Paris (iEES), a testé en laboratoire l’influence de températures élevées typiques d’un environnement urbain sur la distribution des tailles des ouvrières produites par les colonies de la fourmi des glands Temnothorax nylanderi, une espèce à petites colonies répandue dans les forêts d’Europe. La chaleur a entraîné une mortalité plus forte des adultes et des larves, démontrant un stress, et la production d’ouvrières plus petites et plus variables en taille, démontrant une dérégulation du développement. Cependant, plus les colonies étaient populeuses, moins l’effet négatif des hautes températures était marqué. Malgré cet effet protecteur de l’environnement social, les températures élevées semblent bien induire une dérégulation du contrôle de la taille des ouvrières produites et donc potentiellement du fonctionnement des colonies de cette fourmi.

Pour en savoir plus
M. Molet et al., Effect of temperature and social environment on worker size in the ant Temnothorax nylanderi, Journal of Thermal Biology 67 (2017) 22–29.
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Photo
Colonie de la fourmi des glands Temnothorax nylanderi. L’environnement social des larves est constitué d’adultes ouvrières de différentes tailles et de la reine.
Crédit : Théotime Colin