Un institut pour la transition

La période contemporaine est caractérisée par l’accélération de changements écologiques et climatiques majeurs : diminution rapide de la biodiversité (disparition d’espèces vivantes, réduction des populations), fragmentation et transformation des écosystèmes, amenuisement et dégradation des ressources naturelles (eau, minerais, sols…), réchauffement climatique, pollutions de l’air et de l’eau, etc. Dans ce contexte, l’Institut de la transition environnementale Sorbonne Université (SU-ITE) vise à contribuer, dans la durée, à la transition environnementale, en constituant une plateforme d’interactions entre sciences et société. Vous pouvez retrouver les textes de compte rendu de son colloque de lancement du 16 octobre 2017.

La transition environnementale (ou transition énergétique et écologique, TEE) peut être définie principalement de deux façons : d’abord comme le passage d’un modèle de sociétés reposant sur l’utilisation à forts impacts environnementaux et sanitaires de ressources naturelles épuisables, à un modèle fondé sur la consommation de ressources renouvelables, plus respectueuse des milieux naturels et de la santé. Cette transition représente également l’ensemble des remèdes et outils capables d’apporter des « solutions » aux changements environnementaux en cours, et ainsi d’en prévenir relativement les conséquences, à l’exemple de l’élévation du niveau de la mer ou de conflits régionaux pour l’accès à l’eau. Ces remèdes sont scientifiques et techniques, mais aussi sociétaux, politiques, économiques et organisationnels, tout en étant liés aux modes de vie et aux comportements sociaux.

Nourrir le dialogue

Avec 54 laboratoires et près de 2 000 chercheurs, enseignants-chercheurs, doctorants, techniciens, ingénieurs, l’institut SU-ITE a la capacité de faire travailler ensemble des compétences multiples reliées aux différentes sciences « exactes » et aux sciences humaines et sociales. Il souhaite les confronter, les enrichir, les articuler, engager un dialogue avec tous les acteurs de la société, et proposer des scénarios d’avenir robustes, utilisables pour prendre des décisions éclairées. L’institut s’appuie également sur son potentiel éducatif fait d’une quarantaine de formations de licence, diplômes d’ingénieurs et masters.

SU-ITE travaille sur trois axes scientifiques interdépendants qui répondent aux demandes de la société. Ces trois axes structurants s’appliquent sur deux grands chantiers prioritaires : les territoires urbains, en croissance partout dans le monde et où s’exercent des contraintes particulières, et les milieux extrêmes et vulnérables (« critiques »), par exemple les littoraux et leurs activités humaines menacées par la submersion marine, les villes touchées par des pics de chaleur, ou encore les territoires agricoles spécialisés dans une culture sensible au changement climatique.

1) Maîtriser le changement climatique et ses conséquences

L’Institut veut établir des ponts entre les méthodologies employées par les climatologues pour connaître le système climatique et son évolution, et celles des spécialistes de la biodiversité et des sciences humaines et sociales qui élaborent des scénarios et les testent avec des outils de simulation appropriés.

2) Créer les conditions d’un usage responsable et durable des ressources et des énergies

Il s’agit d’anticiper les impacts environnementaux, sociaux, sanitaires de l’usage des ressources, dans le contexte du changement climatique et de la crise de la biodiversité. Les choix politiques doivent être éclairés par un recours à une analyse systémique multicritères des filières énergétiques et d’exploitation des ressources, tout au long de leur cycle de vie.

3) Gouverner la biodiversité et s’inspirer de la nature

Les solutions durables inspirées par la nature nécessitent une connaissance fine des fonctions assurées par les écosystèmes, qui soutiennent ce que l’on appelle les « services écosystémiques », c’est-à-dire les bénéfices qu’ils nous fournissent (stockage de l’eau, ressources en bois,…).