ÉCOSYSTÈMES ET SOCIÉTÉS, UN FUTUR PARTAGÉ

Modérer les pressions humaines sur les écosystèmes et la biosphère...

Un projet multimédia

 

RÉSUMÉ DU PROJET

Ce projet web de diffusion scientifique et médiation interdisciplinaire en sciences de l’environnement se veut un guide d’exploration et de navigation dans les socioécosystèmes et la biosphère, à l’intention des acteurs socio-économiques -dont les scientifiques- et des collectivités. Il vise à renforcer les capacités d’analyse du fonctionnement des socioécosystèmes et de la biosphère par les acteurs, pour éclairer leurs décisions et actions, individuelles et collectives, dans l’objectif de modérer les impacts humains sur la biosphère et ainsi favoriser la transition écologique.

Dans une démarche systémique -et interdisciplinaire-, ce projet explore le fonctionnement des socio-écosystèmes et de la biosphère, ainsi que les pistes pour la transition écologique, au moyen de brèves vidéos ou « questions-clés » posées à des experts de toutes disciplines, en sciences de la Terre, de la Vie, de l’Homme et des sociétés, confrontés eux-mêmes à l’interdisciplinarité des questions abordées.

NB : Etant donné la diversité et la complexité des mécanismes anthropologiques, sociaux, économiques, psychologiques et comportementaux impliqués dans le fonctionnement des (anthropo-) socioécosystèmes, actuellement très discutés par les chercheurs en SHS,  ce projet « d’aide à la navigation dans les socio-écosystèmes » ne prétend bien sûr ni à l’objectivité, ni à l’exhaustivité.

Deux types de documents, articulés dans une arborescence thématique, sont proposés :
– des vidéos : brefs exposés (3-6 mn) d’experts sur des « questions-clés » liées aux socioécosystèmes,
– des textes (prévus pour 2018) : transcriptions ou/et développements textuels de ces exposés.

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AUTEURS ET CRÉDITS

Conception, coordination du projet, réalisation des vidéos

Anne Teyssèdre

Conseil scientifique

Luc Abbadie (UPMC, R2DS), Philippe Bousquet (IPSL), Catherine Boemare (CIRED, R2DS), Denis Couvet (MNHN), Jean-Charles Hourcade (CIRED, R2DS), Hervé Le Treut (IPSL), Harold Levrel (AgroParisTech), Claude Millier (NSS, R2DS), Benjamin Sultan (IPSL) ; coordination : Anne Teyssèdre.

Crédits

Ce projet web est une coproduction du Réseau R2DS Ile de France (en 2016-2017),  du Labex IPSL (en 2017-2018) et du CIRED (en 2018), en collaboration avec l’Institut de la Transition Environnementale SU-ITE depuis janvier 2018.

Grâce au Labex IPSL, il a bénéficié en 2018 d’un soutien de l’Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d’investissements d’Avenir (ref : ANR-10-LABX-0018).

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Remerciements

Nous remercions la Mairie de Paris, le Muséum National d’Histoire Naturelle, la Maison des Océans, le Conservatoire du Littoral  et le Parc Naturel Régional du Cap Saint-Jacques (Québec) pour leurs autorisations de tournage.

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PRÉAMBULE

[I=P.A.T : Modèle simple de l’impact des sociétés sur les écosystèmes et la biosphère (cf. 1,2), mais voir plus bas.] Après des millénaires d’expansion démographique et de « progrès » technologiques, les sociétés industrielles (ou « post-industrielles ») doivent aujourd’hui se rendre à l’évidence : non seulement la productivité, mais aussi la résistance et la résilience des écosystèmes et de la biosphère sont limitées (3,4). Sous la pression croissante des activités humaines (expansion puis intensification de l’agriculture, déforestation, pêche, industries, commerce, transports, conflits multiples..), les conditions de vie se détériorent un peu partout à la surface notre planète, non seulement pour de nombreuses espèces animales et végétales (remplacées ou non par des espèces plus « anthropophiles »), mais aussi pour les humains qui dépendent de la diversité et du fonctionnement des écosystèmes (5,6). Pour elles-mêmes, si ce n’est pour bien d’autres espèces et systèmes écologiques en déclin, les sociétés humaines doivent apprendre à réduire leurs pressions sur la biosphère…

[Les résultats du Millenium Ecosystem Assessment (MEA, 2005) l’ont largement confirmé depuis 12 ans. Cette enquête mondiale sur l’état des écosystèmes terrestres et marins entreprise au début du siècle a confirmé et synthétisé à l’intention des décideurs et du grand public ce résultat important, tant pour la biodiversité que pour les sociétés qui en dépendent : la biodiversité mondiale s’érode tandis que les multiples « services » qu’elle rend aux sociétés se raréfient…]

Or les socioécosystèmes et la biosphère sont des systèmes dynamiques complexes, de résistance et résilience limitées. Les pressions humaines (dites ‘anthropiques’) évoquées ci-dessus interagissent et multiplient leurs effets soit directement, soit par le biais de mécanismes sociaux, économiques, psychologiques ou/et culturels, méconnus ou sous-estimés, qui interfèrent dans des boucles de rétroaction positives délétères tant pour la biodiversité que pour les sociétés qui en dépendent (cf.  7-9 par exemple). Ces boucles de rétroaction accélèrent la transformation des habitats et accroissent les risques de basculement d’écosystèmes, et de la biosphère elle-même, vers un mode de fonctionnement défavorable notamment aux humains, avec des conséquences potentiellement dramatiques pour les populations exposées (3, 6, 9, 10).

[Soulignons que le modèle IPAT, qui ne prend pas en compte les effets ‘non linéaires’ (effets de seuil) de l’augmentation des pressions humaines sur les écosystèmes et la biosphère, ne peut guère être utilisé pour étudier les basculements d’écosystèmes ou l’effondrement de sociétés.]

Face à cette complexité, une approche transdisciplinaire de la biosphère, des (socio)écosystèmes et de leur dynamique s’impose pour s’orienter entre les multiples pressions, mécanismes et interactions avec l’objectif de réduire l’impact de nos sociétés sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes… et d’éviter leur basculement vers un mode de fonctionnement délétère pour les humains et bien d’autres espèces.

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OBJECTIFS ET PARTITION DU PROJET

Ce projet de diffusion scientifique et médiation interdisciplinaire, qui explore les grandes pistes pour la transition écologique, implique une approche systémique et multi-échelle des socio-écosystèmes et de la biosphère (systèmes adaptatifs complexes). Sans s’attarder sur l’état actuel des écosystèmes et de la biosphère, qui font l’objet d’autres projets pédagogiques (ex : les MOOCs du MNHN et de l’UVED), l’objet et le plan de ce projet sont ceux-ci :

– rappeler les principaux changements globaux en cours, facteurs de changements (ou pressions sur les écosystèmes), impacts et enjeux associés (section A) ;

– aborder les principaux concepts, approches et méthodes d’étude mais aussi d’action sur la dynamique des socioécosystèmes (section B), permettant notamment de cerner les grands objectifs et stratégies écologiques/socioéconomiques conciliant bien-être des sociétés et préservation de la biodiversité (section C) ;

– explorer les principales pistes de réduction des pressions/impacts humains sur les socioécosystèmes et la biosphère. Cela en distinguant deux grands types d’objectifs :

1/ Limiter l’exploitation des ressources terrestres et marines par les sociétés, ainsi que les impacts associés (section D) ;

2/ préserver la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes, dans les espaces « naturels » et anthropisés (section E).

– Face à la multiplicité des valeurs, usages et intérêt liés aux activités socioéconomiques, à la gestion des écosystèmes et l’aménagement des territoires, il s’agit aussi d’explorer les pistes de coordination/ organisation pour l’action collective (visant à minimiser les impacts des activités humaines sur les écosystèmes et la biosphère) (section F).

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PUBLIC CIBLÉ

– Etudiants, enseignants et chercheurs (spécialistes) en sciences de la nature, de la Terre, de l’Homme ou des sociétés, mais aussi citoyens non scientifiques, souhaitant s’informer sur la diversité des approches, méthodes et outils d’exploration des socioécosystèmes;

– Tous citoyens, acteurs socioéconomiques, associations et  collectivités concernés par la transformation en cours des habitats et écosystèmes, souhaitant s’impliquer dans la préservation de la biodiversité et du fonctionnement des socio-écosystèmes (et de la biosphère !).

Références

(1) Commoner B., 1972. On “the closing circle”. Atomic Sciences, mai 1972, pp.17 et 42.

(2) Teyssèdre A., 2017. Comment évaluer notre impact sur la planète ? L’écologiste 49 (vol.18-1), mai-juillet 2017, 13-16. Voir aussi : Le modèle IPAT et la transition écologique, Regards sur la biodiversité, SFE, regard n°71, 15 avril 2017.

(3) Barnosky A.D. et al., 2012. Approaching a state shift in Earth’s biosphere, Nature 482, 52-58.

(4) Cardinale B.J. et al., 2012. Biodiversity loss and its impact on humanity, Nature 486, 59–67.

(5) Vitousek P.M. et al., 1997. Human Domination of Earth’s Ecosystems, Science 277, 494-499.

(6) Millenium Ecosystem Assessment (MEA), 2005. Ecosystem and Well-being : Synthesis. Washington D.C., Island Press.

(7) Alcott B., 2005. Jevons’ Paradox.  Ecol. Economics54, 9– 21.

(8) Alcott B., 2008. Sufficency strategy : Would rich world frugality lower environmental impact ? Ecol. Economics 64, 770-786.

(9) Steffen et al., 2015. Planetary boundaries : Guiding human development on a changing planet. Science 347, 1259855.

(10) Dasgupta P.S. & P.R. Ehrlich, 2013. Pervasive externalities at the population, consumption and environment nexus. Science 340, 324-328.

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Crédit photo

Zahid Mahmood/Unsplash

Plantation de palmier à huile en Indonésie
Banlieue de Bucarest, en Roumanie. Crédit : Corina Ardeleanu/Unsplash
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UNE COPRODUCTION :
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AVEC LE SOUTIEN DE :

Ce travail a bénéficié d'une aide de l’Etat gérée par l'Agence Nationale de la Recherche au titre du programme Investissements d’Avenir portant la référence n° ANR-10-LABX-0018. This work was supported by Labex L-IPSL which is funded by the ANR (Grant #ANR-10-LABX-0018).