Contexte

La biodiversité terrestre subit depuis plusieurs décennies une érosion accélérée, affectant à la fois les populations de nombreuses espèces vivantes et le nombre d’animaux et de plantes présents dans les écosystèmes. Ces pertes proviennent essentiellement de l’aménagement des territoires, qui détruit et fragmente les habitats naturels (marais, tourbières, forêts, prairies, rivières…). Ainsi, en France, près de 80 000 hectares sont artificialisés chaque année. De plus, le changement climatique a un effet aggravant, par exemple en décalant les périodes d’activité des espèces en interaction.

Face à cette érosion, différentes conceptions sont apparues au fil du temps : le développement durable, un concept proposé par le rapport Brundtland en 1987, la notion de « ressources renouvelables » offertes par la biodiversité, celle de « services écosystémiques » (les bienfaits apportés par les écosystèmes, comme le stockage de l’eau). De nouveaux instruments de marché ont été proposés pour inciter les acteurs économiques à préserver la biodiversité : les paiements pour services environnementaux (PSE), les mécanismes REDD (Réduction des émissions liées au déboisement et à la dégradation des forêts dans les pays en développement), et les mécanismes de « compensation écologique », censés corriger les impacts des aménagements. D’autres chercheurs ont proposé de s’inspirer de la nature pour trouver des solutions durables (biomimétisme et bioinspiration).

Actions de l’institut

Par ses recherches, SU-ITE contribue à une connaissance fine des écosystèmes et des fonctions qui soutiennent les services qu’ils apportent : compositions spécifiques, dynamiques écologiques, évolution en fonction du changement climatique, rôle de la diversité biologique dans la productivité, etc. Cette connaissance peut contribuer à une « gouvernance » de la biodiversité à l’échelle du terrain, apte à mettre en place des mesures adaptées de protection de la biodiversité. Par exemple, analyser les impacts du changement climatique sur les relations entre plantes et pollinisateurs peut permettre d’anticiper ses conséquences sur la productivité des plantes (Yapudsaison). L’agroécologie, loin d’être seulement un terme à la mode, constitue un domaine d’activités qui, parce qu’il est rigoureusement fondé sur la connaissance des agrosystèmes, des sols, des cycles de minéraux (azote, phosphore…) et des interactions entre êtres vivants, conduit à de bonnes productivités sans affecter la biodiversité.


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