Réinventer la ville. Quelle transition vers un habitat soutenable et souhaité ?

Cycle 3 des séminaires, octobre-décembre 2018 –

C’est une évidence : alors que plus de la moitié de la population mondiale est urbaine, les villes et leurs banlieues doivent être repensées, réinventées dans leur organisation et leur fonctionnement de façon à diminuer leurs consommations de ressources, de matériaux et d’énergie, leurs impacts massifs sur l’eau, les sols et l’air et à permettre à chacun d’y bien vivre. A côté des transports et de l’industrie, l’habitat résidentiel et tertiaire (au sens large, y compris les espaces communs et le cadre de vie) demande un soin particulier afin de réduire à la fois sa consommation de matériaux et sa production de déchets et de polluants (il représente près de 20 % des émissions d’équivalents CO2, par exemple, non comprise la part importée). Il doit aussi devenir résilient au réchauffement climatique et adapté à des modes de vie moins consommateurs qu’aujourd’hui (avec le développement du recyclage et des fonctionnalités partagées, par exemple). En même temps, l’habitat de demain doit rompre avec les énormes inégalités sociales qui le caractérisent à l’intérieur d’un même territoire et entre territoires, et mieux intégrer les souhaits de vie de ses habitants, leurs exigences éthiques, esthétiques, notamment vis-à-vis de la nature, de la biodiversité. Ce cycle de séminaires vise à explorer quelques visions d’un habitat réinventé et à identifier les freins sur lesquels agir collectivement.

Séance 7. Maîtriser les flux de matières et d’énergie

Jeudi 11 octobre 2018, 17h15-19h30
Campus Pierre et Marie Curie
Place Jussieu 75005 Paris
Salle de conférences de l’UFR TEB (Terre, Environnement, Biodiversité)
Tour 56, Couloir 46-56, 2eme étage

Les chantiers de construction ont des impacts directs importants sur notre environnement en raison des prélèvements sur les sols et des matériaux utilisés, de la production de déchets et de polluants. Une fois debout, les bâtiments ont des impacts indirects via leurs besoins en énergie (chauffage, climatisation…), leurs émissions de gaz à effet de serre et la consommation croissante d’espaces pris sur des terres agricoles ou des zones forestières. A l’échelle d’une communauté urbaine telle que l’agglomération parisienne, peut-on mesurer ces impacts ? Ce diagnostic permet-il de mettre en place des actions aptes à les réduire dans des proportions importantes ? Que faire par exemple des centaines de millions de tonnes de déchets de construction générées chaque année ? Peut-on les réutiliser en partie ? Quelle est la part non réemployable qui peut être recyclée ? Peut-on tracer les lignes d’un « métabolisme urbain » bien pensé ?

– Le diagnostic du métabolisme urbain : quel impact matériel de l’urbanisme sur le territoire ?
Mathieu Fernandez, Ifsttar (Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux)
– Le réemploi et le recyclage des matériaux dans la ville
Noé Basch, Mobius Réemploi
– Discutante : Laurence Eymard, ITE

Séminaire 2. Quelle nature dans l’habitat ? (8 ou 15 novembre)

Séminaire 3. Monter en résilience (6 ou 13 décembre)

Photo d’ouverture : Chuttersnap/Unsplash